Euthanasie : au nom des plus fragiles

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Antoine d'Abbundo © William Baucardet
Antoine d'Abbundo
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Sera-t-il permis, dans ce débat sur l'euthanasie, au chrétien de témoigner de sa foi ?

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À propos de l'article

  • Créé le 30/05/2013
  • Modifié le 30/05/2013 à 12:00
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Gilles Donada

Fallait-il rouvrir le débat sur l'euthanasie au risque d'ajouter confusion et division aux difficultés dans lesquelles se débattent la France et les Français ?

Et pourquoi pas, si ce débat apparaît nécessaire et urgent ; s'il répond à une demande sociale ; si l'on soupçonne que la loi Leonetti sur la fin de vie, bien que votée à l'unanimité en 2005, s'avère tellement incomplète, imparfaite, ou même hypocrite, comme on l'entend parfois, qu'il faille "aller plus loin". Mais en est-on bien certain ?

Lorsque l'on interroge les médecins et le personnel soignant engagés dans des services de soins palliatifs, tous, ou presque, disent leur crainte d'une légalisation de l'euthanasie qui ne ferait que brouiller le sens de leur mission. Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle loi, soulignent-ils, mais que la loi actuelle soit mieux connue et mieux appliquée. Cela suppose des moyens, et d'abord une volonté politique.

Qui alors, pour réclamer le "droit de mourir" ? Les patients ? Leurs proches ? Face à l'angoisse suscitée par la souffrance, la demande d'une aide à en finir peut exister, il serait inhumain de le nier. Comme il est malhonnête de ne pas voir que cette demande est rare et disparaît le plus souvent lorsqu'elle est entendue et accompagnée.

Reste les sondages, que les militants de l'euthanasie brandissent régulièrement pour imposer leur revendication. Mais combien de Français partagent vraiment cette idée que la dignité d'un être humain est une notion relative et que, partant, chacun est libre de choisir sa mort ?

À cela, qu'opposer sinon que la dignité d'un homme est un droit inaliénable, quel que soit son état de santé, et qu'elle doit être respectée jusqu'au bout. Non par dogme, mais au nom d'une certaine vision de la société et de la nécessaire solidarité qui nous lie aux plus fragiles.

Sera-t-il permis, dans ce débat, au chrétien de témoigner de sa foi ? Méditant l'Évangile de la Passion, il se souviendra que face à la mort, il est trois attitudes possibles.

La fuite - celle des disciples qui ne veulent pas voir cela.
La révolte - celle de Pierre tirant son épée du fourreau.
Enfin celle de Marie qui, malgré la douleur qui la transperce, reste là au pied de la croix et qui espère déjà.

Podcast du l'émission "Le téléphone sonne", sur France inter, le 4 octobre 2012, sur la fin de vie. Avec :

■ Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef à Pèlerin qui a supervisé le dossier spécial "fin de vie" ; 
■ Noëlle Châtelet, universitaire, écrivain ; 
■ Docteur Vincent Morel, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, médecin de l'équipe mobile de soins palliatifs du CHU de Rennes



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"Fin de vie, quelle société voulons-nous ?" Dossier spécial 40 pages : pourquoi l'euthanasie n'est pas une solution ; au cœur des soins palliatifs ; accompagner un proche : adresses, aides, conseils. 

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Paru le 5 avril 2018

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