Euthanasie : "Tuer est un interdit absolu et fondamental"

agrandir Euthanasie : "Tuer est un interdit absolu et fondamental"
© Lori waselchuk/REDUX-REA
Euthanasie : "Tuer est un interdit absolu et fondamental"
© Lori waselchuk/REDUX-REA

Mardi 25 janvier 2011, le Sénat étudie une proposition de loi sur "l'aide active à mourir", visant à légaliser l'euthanasie. Bernard-Marie Dupont, médecin généticien et philosophe, s'interroge sur les implications d'une telle demande.

À lire aussi

À propos de l'article

  • Créé le 30/05/2013
  • Modifié le 30/05/2013 à 13:00
  • Publié par :Laurence Valentini
  • Édité par :Gilles Donada

Pèlerin : Pourquoi la question de la légalisation de l’'euthanasie est-elle récurrente ?
Dr Bernard-Marie Dupont* : Notre monde a perdu ses repères, il est marqué par la peur de tout : chômage, agression, maladie... Cela nourrit un fort désir de tout maîtriser. Notamment notre propre mort. À tel point que nous sommes prêts à l'anticiper et à nous inventer un « droit à mourir ».

Pourquoi ne pas légaliser l’'euthanasie ?
La philosophie du droit européen est axée sur la défense de la vie et du plus faible. Tuer est un interdit fondamental. Exiger une loi qui obligerait les médecins à donner la mort soulève d'énormes questions. Pourquoi prendre « en otage » ceux qui ont prêté serment de ne jamais provoquer la mort délibérément ? Pourquoi interdire à certains de tuer parce que c'est immoral et accorder à d'autres ce droit ? Comment apprécier l'intention réelle du malade qui demande l'euthanasie ? On voudrait que le médecin soit « le garant de la dignité de la personne ». Mais qui peut prétendre savoir ce qu'est une vie indigne ? Le trisomique serait-il plus digne qu'un malade d'Alzheimer ?

Il existe des situations exceptionnelles et tragiques…
Une demande d'euthanasie est l'expression d'une grande détresse. Il faut, bien sûr, l'écouter et soulager la souffrance du patient. Quant à « donner la mort », tout reste à inventer ! Peut-être la décision devrait-elle être portée par l'équipe médicale, par un comité d'éthique... Quoi qu'il en soit, l'acte doit demeurer interdit pour que la responsabilité du donneur d'ordre soit engagée et éviter ainsi toute dérive

■ Le manifeste et la pétition "Plus digne la vie", qui appelle à une "mobilisation éthique". "Il nous faut refuser la marginalisation morale, écrivent les auteurs, qui aboutit à ne plus savoir se soucier des plus faibles qu’'en se préoccupant des conditions de leur mort.(...) A la compassion accordée aux « vies indignes d’'êtres vécues » devraient répondre sans attendre des choix politiques attentifs à mettre en œœuvre des conditions de « vie digne d’être vécue ». C’'est dans l’'action et non dans la commisération que nos responsabilités sont engagées."
■ Pétition du site "Euthanasie ? Faut pas pousser !... Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie". A noter la rubrique "10 idées solidaires pour s'engager concrètement auprès des personnes gravement malades ou dépendantes et en fin de vie". Une initiative porté par l'association Alliance pour le droit de la vie.

■ Le site de l'association "Pour le droit de mourir dans la dignité" par "euthanasie et auto délivrance assistée" (suicide assisté).

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 18 janvier 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières