Synode sur la famille : le pape François impose le débat

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Sur la question des divorcés-remariés, les « camps » s’affrontent, mais les évêques « cherchent la vérité ». © Fabio Frustaci /EIDON/MAXPPP
Sur la question des divorcés-remariés, les « camps » s’affrontent, mais les évêques « cherchent la vérité ».
Sur la question des divorcés-remariés, les « camps » s’affrontent, mais les évêques « cherchent la vérité ». © Fabio Frustaci /EIDON/MAXPPP

Le premier synode voulu par le pape François est l’occasion d’une nouvelle pratique du dialogue dans l’Église. Les débats denses laissent entrevoir quelques évolutions pastorales.

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À propos de l'article

  • Créé le 15/10/2014
  • Publié par :Gwénola de Coutard
  • Édité par :Aurore Hautbois
  • Publié dans Pèlerin
    n° 6881, du 16 octobre 2014

Douceur d’automne à Rome. 253 cardinaux, évêques, experts et observateurs du monde entier sont réunis en synode et ne peuvent guère en profiter. Mais nul ne voudrait quitter les débats voulus par le pape François. Un exercice qui prend un tour nouveau, marqué par une vraie liberté d’expression…

Après le dernier consistoire où nous avons parlé de la famille, un cardinal m'a écrit en disant : dommage que certains cardinaux n'aient pas eu le courage de dire certaines choses par respect pour le pape.

L’anecdote est racontée par François lui-même, lundi 6 octobre 2014, à l’ouverture du synode. Avant de trancher : « Cela ne va pas, ce n'est pas la synodalité : il faut dire tout ce que, dans le Seigneur, on se sent le devoir de dire (…). En même temps, nous devons écouter avec humilité et accueillir avec un cœur ouvert ceux que disent nos frères. »

Twitter. Notre journaliste Gwénola de Coutard en direct de Rome.

La première mesure annoncée est loin d’être une coquetterie : la langue officielle du synode est désormais l’italien, et non plus le latin, ce qui facilite à l’évidence les échanges.

Deuxième décision d’importance : à la fin du synode, les 191 pères synodaux ne voteront pas une liste de propositions, mais un document qui sera une nouvelle base de travail pour le second synode consacré à la famille, en 2015.

Le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, et vice-président délégué du synode confirme :

Nous ne vivons pas un débat parlementaire, où il faut faire apparaître une majorité qui l’emporte sur une minorité. Nous faisons un travail de fond, pour construire un consensus le plus dense et le plus explicite possible

Le ton plus libre, plus engagé, n’est pas sans créer quelque espoir ou inquiétude, selon les interventions. De l’amphithéâtre à huis clos filtre malgré tout quelques échos des débats, notamment pour les sujets les plus discutés, comme l’accès aux sacrements pour les divorcés-remariés. Une question si épineuse que l’assemblée synodale y a consacré une demi-journée de plus que prévu.

Si, depuis plusieurs mois, deux « camps » semblaient s’opposer, les interventions synodales furent plus mesurées : « Les évêques cherchent la vérité. Ils partagent la même conviction de l’indissolubilité du mariage et s’expriment évidemment avec respect les uns pour les autres », assure le P. Gérard Berliet, expert et prêtre du diocèse de Dijon chargé de la pastorale des divorcés-remariés.

► Vidéo. Rome : le Vatican lance le premier synode sous l'ère François. Source : TF1. Durée : 2 minutes.



Devant les journalistes, le P. Thomas Rosica, porte-parole du Vatican, décrivait une discussion « animée, mais fraternelle, dans laquelle les évêques, malgré la disposition des lieux (un hémicycle, NDLR), se sont vraiment parlé les uns aux autres, et pas les uns après les autres. »

« J’ai vu de véritables pasteurs, qui s’appuyaient sur des citations bibliques pour exprimer des convictions profondes, confirmait Valérie Duval-Poujol, bibliste baptiste, présente parmi les « délégués fraternels », ces invités chrétiens d’autres confessions.

La seconde semaine est marquée par le même souci de dialogue : depuis lundi 13 octobre 2014, les participants sont répartis en groupes linguistiques d’une vingtaine de personnes, pour poursuivre leur réflexion.

À compter du vendredi 17 octobre 2014, ils amenderont le texte final qui servira de base de travail au synode de 2015. Pour clore cette première assemblée, le pape François présidera dimanche 19 octobre 2014 la béatification de Paul VI, et adressera un message aux familles du monde entier.


Père Adolfo Nicolas

► A lire aussi dans Pèlerin n° 6881 du 16 octobre 2014, l'interview de  P. Adolfo Nicolas (photo), général des Jésuites. "A la recherche de solutions concrètes".

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Le synode 2014

Bernard 15/10/2014 à 19:39

Voici bientôt 35 ans que je suis marié. Au départ, j'étais célibataire et mon épouse était divorcée avec trois enfants. Nous sommes toujours unis et le resterons. Je ne suis jamais attendu le synode pour poursuivre mon chemin vers Dieu. Pour mon ... lire la suite

Paru le 14 juin 2018

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