Les attentes des familles à l'égard du pape François

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Famille Catteau : Denis et Sophie Catteau, l'aînée des enfants s'appelle Philaé 8 ans puis Cyprien 6 ans et Apolline 3 ans. © Richard Baron
Famille Catteau : Denis et Sophie Catteau, l'aînée des enfants s'appelle Philaé 8 ans puis Cyprien 6 ans et Apolline 3 ans.
Famille Catteau : Denis et Sophie Catteau, l'aînée des enfants s'appelle Philaé 8 ans puis Cyprien 6 ans et Apolline 3 ans. © Richard Baron

Quelle mobilisation ! En dix jours, vous avez été plus de 6 000 à répondre au questionnaire lancé par Pèlerin. Votre attachement à la famille n’a d’égal que celui porté à l’Église. Avec l’ardent désir de mieux se comprendre.

À propos de l'article

  • Créé le 22/01/2014
  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6843, du 23 janvier 2014

Pour le prochain synode des familles convoqué en octobre 2014, le pape François a voulu une consultation mondiale, la plus large possible. Comme pour tout synode, les évêques sont consultés et adressent au Saint-Siège, par le biais de leur conférence nationale, leurs remarques aux pères synodaux.


► Son. « Suite à la consultation, comment l’Église va-t-elle prendre en compte l’avis des fidèles ? » La réponse de Monique Baujard, directrice du service Famille et société de l'Église de France.

 


Mais c’est la première fois que le document préparatoire, Instrumentum laboris, est rendu public, largement diffusé, dans l’attente d’une grande participation des catholiques. À sa manière et pour participer à cet élan, Pèlerin a proposé à ses lecteurs de s’exprimer sur quelques-unes des questions du document romain. De cette extraordinaire participation – qui ne prétend certainement pas avoir valeur de sondage –, il est possible de « sentir » les questions familiales telles qu’elles sont vécues par le peuple de Dieu.


1- Un formidable désir d’expression
Le premier constat qui s’impose, c’est la satisfaction et l’enthousiasme des catholiques à l’idée d’être consultés, surtout sur les questions liées à la famille. « C’est un bon début de “démocratie” dans l’Église, remarque un lecteur, qui insiste : “Car l’Église, c’est nous !” »


►Son. « Quelles décisions peuvent être prises à l’issue de ce synode ? » La réponse de Monique Baujard, directrice du service Famille et société de l'Église de France.

 

Certes, la consultation a pu s’organiser différemment selon les régions – par le site Internet, avec les services de pastorale familiale dans les paroisses. Mais jamais les fidèles n’ont eu autant l’occasion de s’exprimer ! Face à cet engouement, il faut juste rappeler que le synode voulu par le pape François a vocation universelle et que chaque paroisse de chacun des trois mille diocèses a pu donner son avis. C’est dire la difficile synthèse de ces multiples témoignages.

L’Église entame, enfin, sa réflexion en partant de ce que vivent les fidèles !


2- Une préoccupation urgente
Enfin ! C’est l’impression qui domine à la lecture des courriers arrivés fin décembre à Pèlerin. Non pas que l’Église ne se soit jamais préoccupée de la famille, et il y a eu ces dernières années de nombreuses initiatives nationales, diocésaines. Mais que la parole soit donnée aux familles est une réelle bonne surprise.


►Son. « Ce synode lance-t-il une mutation du monde de l’Église ? » La réponse de Monique Baujard, directrice du service Famille et société de l'Église de France.

 


Pas seulement pour parler de la contraception, de l’accès aux sacrements ou de la baisse des effectifs du caté : il n’y a ici aucun tabou, et le questionnaire du Saint-Siège évoque aussi bien l’homosexualité que le divorce ou les enfants nés hors mariage…

L’Église entame, enfin, sa réflexion en partant de ce que vivent les fidèles ! On peut y voir, évidemment, la marque du pape François qui consulte beaucoup, se met à l’écoute et impressionne par sa proximité avec les personnes. Ce qui ne l’empêche pas… de gouverner l’Église !


 Document. Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation. Document préparatoire. Source : Vatican.


3- Une parole d’accompagnement
Que nous apprennent les lecteurs qui ont répondu au questionnaire de Pèlerin ? Les deux tiers des participants considèrent que la contraception relève de l’intimité du couple. De même, la moitié des lecteurs qui ont renvoyé le questionnaire connaissent des couples vivant ensemble sans être mariés et estiment, que « le plus important, c’est qu’ils soient heureux ».

S’il est clair que l’enseignement moral (sur la contraception, la cohabitation avant le mariage, etc.) « ne passe pas », l’Église n’est pas, pour autant, renvoyée dans sa sacristie. Plus de la moitié des courriers attendent de l’Église « la proposition d’un idéal qui laisse la décision au libre arbitre du couple ». Entre le rappel à la loi et l’absence d’intervention, les pères synodaux pourront-ils trouver une « parole audible » pour l’épanouissement des couples catholiques ?


4- La miséricorde d’abord…
Ce n’est qu’une question parmi d’autres… Et pourtant ! Elle suscite de très nombreux commentaires : la situation des personnes divorcées remariées est une épine profonde dans le cœur des communautés catholiques. Les lecteurs - quand bien même ils ne se trouvent pas dans cette situation – veulent à tout prix que l’Église puisse soigner cette blessure.


► Son. « Ce synode traduit-il une envie de l’Église de moderniser son image ? » La réponse de Monique Baujard, directrice du service Famille et société de l'Église de France.

 


Plus des deux tiers souhaitent que les divorcés remariés puissent accéder à l’Eucharistie, et la moitié espèrent que la seconde union pourra un jour être bénie. Un propos mesuré toutefois, qui reconnaît toute la valeur et la richesse du sacrement de mariage : il n’y a qu’une minorité (un participant sur cinq) qui accepterait un deuxième mariage sacramentel, et ils ne sont pas plus nombreux à vouloir faciliter les cas de nullité du mariage.

Beaucoup relèvent les propos du pape François : « La communion n’est pas une récompense mais un remède… » Garder les sacrements et oser la miséricorde : il va falloir inventer !


► Son. Le rapporteur général du prochain synode extraordinaire, l'archevêque d'Esztergom-Budapest le cardinal Peter Erdö présente document préparatoire. Extrait de Radio Vatican. Source : Diocèse d'Annecy.


5- Transmettre et témoigner
Il y aurait beaucoup à reprendre encore des nombreux et sérieux témoignages des participants au questionnaire de Pèlerin. Beaucoup d’entre eux sont parents ou grands-parents et confient volontiers leur grand souci quant à la transmission de la foi. Tout d’abord parce que la foi ne passe pas aux générations suivantes comme la couleur des yeux ou une maison de vacances.

Ensuite, parce que voir les enfants et les petits-enfants s’éloigner de l’Église est une blessure, souvent vécue discrètement, et dans l’espérance. Comment transmettre ? Par le baptême d’abord, qui semble, pour presque tous, le « cadeau » à vivre en famille, une manière de « passer le relais », conforté par la catéchèse des enfants.

Ensuite, si un tiers des lecteurs estiment que la prière en famille peut participer à cette transmission, ils sont plus de la moitié à considérer que les discussions, les échanges en famille restent le cadre précieux, essentiel, du témoignage. Est-on loin du synode quand on évoque le dimanche en famille, le goûter d’anniversaire, les discussions sur le chemin de l’école ? Pas sûr… Si le pape François « convoque » tous les catholiques à réfléchir sur la famille, n’est-ce pas parce que la famille est la toute première Église ?


► Son. Émission Grand Angle du 21 janvier 2014 diffusée sur RCF. Durée : 54 minutes.

 

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Paru le 14 juin 2018

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