L’Église veut retrouver les familles

agrandir Pragmatique et jésuite, le pape François souhaite mener les réflexions sur la famille à partir de réalités concrètes de l’existence des fidèles.
Pragmatique et jésuite, le pape François souhaite mener les réflexions sur la famille à partir de réalités concrètes de l’existence des fidèles. © Alessandra Benedetti / Corbis
Pragmatique et jésuite, le pape François souhaite mener les réflexions sur la famille à partir de réalités concrètes de l’existence des fidèles.
Pragmatique et jésuite, le pape François souhaite mener les réflexions sur la famille à partir de réalités concrètes de l’existence des fidèles. © Alessandra Benedetti / Corbis

Le synode sur la famille débute à Rome, le 5 octobre 2014. Si les cardinaux expriment déjà leurs divergences, le pape François, lui, insiste sur la prise en compte de la vie concrète des couples et des familles d’aujourd’hui.

À propos de l'article

  • Créé le 03/10/2014
  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6879, du 2 octobre 2014

Du 5 au 19 octobre 2014, à Rome, 253 évêques, experts et fidèles participeront au premier synode convoqué par le pape François consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation ». Sur ce sujet, vaste et urgent pour l’Église, les attentes sont grandes d’un débat qui sera certainement vif, dense, voire difficile.

La méthode du pape François

«L’annonce de l’Évangile de la famille fait partie intégrante de la mission de l’Église 

→  ainsi débute le document de travail (Instrumentum laboris)adressé aux évêques en juin 2014 en vue de l’assemblée synodale.

À travers ce long texte, de multiples questions sont inscrites au programme : préparation au mariage, transmission de la foi, désagrégation de la famille, concubinage, homosexualité, accueil de la vie, pratique sacramentelle…

Sans compter la situation des divorcés-remariés, emblématique des « situations pastorales difficiles ». Si, avant même le synode, les cardinaux ont ouvert le débat sur ce dernier point, le pape François ne souhaite pas que ce soit l’unique sujet de cette assemblée.


En même temps, il n’échappe à personne que c’est le nœud du synode, du fait même des travaux préparatoires. En effet, il y a un peu moins d’un an, le pape lançait une vaste consultation pour dresser un état de santé de la famille dans les diverses Églises nationales.

Selon les pays, les 39 questions étaient soumises aux prélats et experts, ou plus largement à l’ensemble des fidèles… C’est dire si les « remontées » du terrain ont été chargées d’attente, voire d’espoirs, dans différents domaines, et surtout par rapport à l’accès aux sacrements des divorcés-remariés, en tête des préoccupations exprimées.

Ce qui, pourtant, ne doit pas faire oublier la situation des familles qui vivent la guerre, la violence, les migrations sous d’autres latitudes, car le synode n’est pas seulement destiné à résoudre les malaises de la vieille Europe.

Pastorale et doctrine

La méthode du pape François n’est pas seulement liée aux travaux préparatoires : pragmatique et jésuite, il part du « terrain » pour avancer avec les fidèles dans la réalité de leur existence.

C’est en ce sens qu’il s’agit clairement d’un synode « pastoral » et non véritablement doctrinal : quelle(s) réponse(s) l’Église peut-elle apporter concrètement aux personnes loin des sacrements, aux couples non mariés, aux divorcés-remariés, aux familles recomposées…

Pour le pape argentin, impossible de répondre à ces situations en se « réfugiant » derrière la doctrine. On se souvient de sa réponse à propos des personnes homosexuelles qui cherchent Dieu, dans l’avion du retour des JMJ : « Qui suis-je pour juger ? »

Si la miséricorde ne peut tout justifier, elle pousse à l’imagination : « Miséricorde et fidélité vont ensemble. C’est pourquoi, il ne peut pas y avoir de situation humaine qui serait absolument sans espoir et sans issue, annonce le cardinal allemand Walter Kasper. L’homme pourra tomber aussi bas que possible, il ne tombe jamais plus bas que dans la miséricorde de Dieu (L’Évangile de la famille, cardinal Walter Kasper, Éd. Cerf, 96 p. ; 9 €).  »

L’intervention du cardinal Kasper lors du consistoire de février dernier semblait ouvrir la porte à une voie médiane pour les divorcés-remariés, proche de la pratique orthodoxe acceptant une seconde union qui n’a pas le caractère sacramentel du premier mariage.

Cette hypothèse encouragée par le pape François attira malgré tout de vives oppositions d’autres cardinaux, jusqu’au sein de la curie, notamment d’un autre Allemand, le cardinal Gerhard Müller :


«L’indissolubilité du mariage sacramentel est une norme de droit divin, qui n’est pas à la disposition discrétionnaire de l’Église 

→ réplique aux progressistes le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Avant même l’ouverture du synode et avec quatre autres cardinaux, il cosigne un ouvrage au titre sans appel : Demeurer dans la vérité du Christ (collectif, Éd. Artège, 312 p. ; 19,90 €), livre dans lequel ils dénoncent « la contradiction entre la doctrine catholique traditionnelle et les pratiques pastorales actuelles ».

Deux semaines ne seront pas suffisantes pour qu’échangent les partisans de la doctrine et les tenants de la pastorale.

Mais la méthode du pape pourra aussi influencer les débats, invitant à changer de ton. Plus qu’un rappel de la loi, François veut insister sur la beauté de la famille, sur la grandeur de l’amour humain, sur la richesse du pardon…

Une autre manière de dire, avant tout, dans une société bousculée, que la famille est une bonne nouvelle.

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

synode sur la famille

Levergero78 05/10/2014 à 18:47

entière confiance au pape François pour faire avancer l'Eglise...

Paru le 19 avril 2018

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