Un parti pris de réalisme

agrandir Le pape François lors de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques, le 17 octobre 2015, au Vatican.
Le pape François lors de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques, le 17 octobre 2015, au Vatican. © Giuseppe Lami / Epa / MaxPPP
Le pape François lors de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques, le 17 octobre 2015, au Vatican.
Le pape François lors de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques, le 17 octobre 2015, au Vatican. © Giuseppe Lami / Epa / MaxPPP

Dans un discours de clôture pragmatique et incisif, le pape François souligne quel’accueil des « familles blessées »par l’Église reste à construire.

À propos de l'article

  • Créé le 27/10/2015
  • Publié par :Gwénola de Coutard
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6935, du 29 octobre 2015

« Que signifiera pour l’Église de conclure ce synode consacré à la famille ? (…) Sûrement pas avoir trouvé des solutions exhaustives à toutes les difficultés (…) mais avoir cherché à regarder et à lire la réalité, ou plutôt les réalités d’aujourd’hui avec les yeux de Dieu », a insisté le pape François juste après le vote du rapport final.

Dans son discours vigoureux, il n’a pas manqué de dénoncer « les cœurs fermés qui se cachent jusque derrière les enseignements de l’Église (…) pour juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées »…

Il a aussi reconnu la diversité des opinions, exprimées « librement », tout en regrettant des pratiques parfois peu « bienveillantes » – une allusion explicite aux tentatives de déstabilisation qu’a subi ce synode, avec le coming-out médiatique d’un prélat homosexuel ou la publication d’une lettre au pape de treize cardinaux critiquant sa méthode.

Au terme de ces trois semaines, beaucoup d’évêques soulignaient cependant avoir vécu une expérience exceptionnelle d’écoute et de progression commune, particulièrement dans les petits groupes de langues, qui se réunissaient en alternance avec les sessions en assemblées plénières.

J’ai senti que l’Afrique faisait enfin partie de l’Église, autrefois tellement centrée sur l’Europe 

confiait, radieux, un évêque du Lesotho.

Très inquiets de n’avoir pas été entendus au synode de l’an dernier, les évêques de ce continent se sont concertés cette année pour peser sur les débats, et bloquer particulièrement ceux sur l’homosexualité, avec une partie de l’épiscopat américain et d’Europe de l’Est.

Autre point marquant de ce synode, le travail efficace du groupe des évêques germanophones, qui a mené d’intenses débats théologiques et fait la proposition majeure du rapport final : un accompagnement des divorcés remariés au cas pas cas, sous la responsabilité de l’évêque, premier acte concret d’une décentralisation de l’Église.

« C’est un succès historique », concluaient ces derniers à la fin du synode.

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Paru le 14 juin 2018

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