La grâce du synode

agrandir Le 25 octobre 2015, le pape François rencontre une famille lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.
Le 25 octobre 2015, le pape François rencontre une famille lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome. © Massimo Valicchia / AFP
Le 25 octobre 2015, le pape François rencontre une famille lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.
Le 25 octobre 2015, le pape François rencontre une famille lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome. © Massimo Valicchia / AFP

À propos de l'article

  • Créé le 26/10/2015
  • Modifié le 26/10/2015 à 14:08
  • Publié par :Jean-Paul Vesco
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    26 octobre 2015

Nous sommes tous arrivés au synode avec des espérances et il est bien vite apparu que certaines de ces espérances entraient en contradiction déterminée les unes avec les autres.

Pour certains, la volonté de renforcer le statut de la famille dans un monde en « crise » par la réaffirmation de la doctrine actuelle de l’Eglise.

Pour d’autres, la volonté de voir l’Eglise entendre et répondre de façon plus appropriée, plus proche « aux joies et aux peines des personnes de ce temps ».

Au milieu, la question de l’accueil sacramentel des personnes divorcées remariées avait valeur d’arbitre. Le match a bien eu lieu pendant trois semaines, tant en grande assemblée qu’en groupe linguistiques de travail, mais dans un climat fraternel et avec la volonté d’avancer.

Au final, est présenté un grand texte minutieusement rédigé dans lequel nous retrouvons ce qui pourrait être accepté dans une forme d’unanimité.

Ce texte dit au mieux le point où nous sommes arrivés ensemble, sans pouvoir avancer davantage.

Il n’est pleinement satisfaisant ni pour les uns ni pour les autres, et c’est bien ainsi. Je l’ai sans difficulté fait mien parce qu’il est un texte d’unité, pas seulement de compromis. Il nous emmène chacun un peu plus loin que là où nous pensions aller.

Bien sûr, toutes les personnes qui attendaient légitimement des réponses précises à des situations précises pourraient être déçues.

Mais ce serait oublier que ce synode avait vocation à éclairer le pape sur la position des pasteurs de son Eglise à propos des questions liées à la famille.

Le pape est le destinataire premier de ce texte qu’il a décidé de rendre public. Il lui revient à présent de le recevoir et d’en dire quelque chose. C’est cette parole-là qui engagera l’Eglise sur un chemin renouvelé.

En arrivant au synode, je savais que le signe infaillible de la réussite de ce synode serait la joie qui habiterait notre cœur à chacun en quittant Rome.

Je quitte Rome avec cette joie profonde qui m’a submergé et bouleversé au moment de la messe de clôture.

Un synode est une expérience spirituelle, c’est évident et c'est ce qui le distingue de toute autre réalité plus humaine. A la fin, les divergences sur lesquelles nous nous sommes parfois un peu crispés pendant ces trois semaines sont balayées par la conviction que nous sommes tous des pasteurs qui cherchons « à tâtons » la vérité.

Je pars surtout avec le sentiment que nous avons un pape incroyable. L'Eglise est faite depuis deux mille ans d'un mélange d'institution et de prophètes.

Le pape François a vraiment quelque chose de prophétique à la tête d'une institution qu'il ne brade pourtant pas. Il veut quelque chose pour l’Eglise au cœur du monde.

Son discours de clôture du synode est sans ambiguïté. Il nous faut l’entendre et monter résolument dans la barque du successeur de Pierre.

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Paru le 19 avril 2018

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