« Tous les humains forment une même famille »

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Fofana, 34 ans, immigré du Libéria © Gwénola De Coutard
Fofana, 34 ans, immigré du Libéria
Fofana, 34 ans, immigré du Libéria © Gwénola De Coutard

Fofana, 34 ans, immigré du Libéria est heureux « même si [sa]  famille [lui] manque ».

À propos de l'article

  • Créé le 19/10/2015
  • Publié par :Gwénola De Coutard
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    19 octobre 2015

D’un air enjoué, il interpelle les touristes dans toutes les langues, à l’entrée de la place saint Pierre, afin de leur proposer des billets coupe-file pour visiter le Vatican.

Parcours du combattant

Fofana a 34 ans, et un moral d’acier. Sa vie, qu’il accepte de raconter dans un français sommaire ponctué de sourires paisibles, ressemble pourtant à un parcours du combattant.

Originaire du Libéria, Fofana explique avoir été coiffeur avant de prendre la route pour fuir la guerre qui ravage cet Etat d’Afrique occidentale: direction la Lybie d’abord, où il reste de 2002 à 2011.

L’insurrection et l’instabilité du pays le poussent alors à tenter l’aventure européenne.

Un voyage difficile

Contre une forte somme d’argent, il grimpe dans la barque de passeurs, et parvient à traverser la méditerranée en une navigation « difficile, où l’on manquait d’eau à boire et voyait des gens mourir », se souvient-il.À Lampedusa où il est débarqué par les secours, il passe quelques semaines « dans un camp » puis monte vers le nord.

 Aujourd’hui, il vit à Rieti, une ville du centre de l’Italie, « en colocation avec des amis », et vient à Rome quelques mois par an pour des petits boulots de vendeur de rue.

Heureux malgré tout

« Je suis heureux désormais, assure-t-il, même si ma famille me manque. Cela fait longtemps qu’on vit séparés : pendant la guerre, un oncle et mes cinq frères et sœurs sont partis se réfugier en Guinée, pendant que mes parents sont restés avec mon grand-père, qui préférait mourir chez lui. J’essaie de garder contact avec eux par téléphone, presque chaque semaine. »

 Malgré la distance, il considère la famille comme « une voie très belle vers le bonheur, la joie » et espère un jour en fonder une, lui aussi, « si Dieu veut ».

 « Aujourd’hui, ma prière, c’est ‘Dieu, aide moi à trouver un bon boulot, et le sens de ma vie’. Je lui fais confiance ! » Dieu est très présent dans sa conversation.

 Changer les mentalités

 « Au Libéria j’étais musulman, en Italie je me suis converti au catholicisme. Mais j’ai toujours prié Dieu, quelque soit ma religion, il est vraiment important pour moi » explique-t-il.

 Il est sûr que c’est Dieu qui l’a mené et protégé jusqu’ici. Il sait que le pape François parle souvent des migrants tels que lui, pour appeler les Européens à les accueillir.

 « Moi je n’ai pas eu d’expériences négatives avec les Italiens, et je prie pour l’Italie que je considère comme mon nouveau pays. Mais c’est bien que le pape parle pour changer les mentalités et que personne ne soit rejeté.»


Tous les humains, on est tous de la même famille, car c’est le même Seigneur qui nous a créés !

     

► Retrouvez notre dossier : En direct de la place Saint-Pierre de Rome

Pendant toute la durée du Synode sur la famille (du 4 au 25 octobre  2015), Mikael Corre et Gwénola de Coutard, nos deux envoyés spéciaux, vont à la rencontre des familles, des pèlerins, des différentes personnes présentes sur la place Saint-Pierre  lors de cet événement.

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Paru le 19 juillet 2018

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