« Le plus important, c’est ce en quoi je crois »

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Steffen Zacharias et Sascha Winter, amis allemands, devant la basilique Saint-Pierre avec leurs enfants respectifs, Rome © Mikael Corre
Steffen Zacharias et Sascha Winter, amis allemands, devant la basilique Saint-Pierre avec leurs enfants respectifs, Rome
Steffen Zacharias et Sascha Winter, amis allemands, devant la basilique Saint-Pierre avec leurs enfants respectifs, Rome © Mikael Corre

Pour Steffen Zacharias et Sascha Winter, habitants de Paderborn, à l'Ouest de l'Allemagne, la définition de la famille doit être élargie.

À propos de l'article

  • Créé le 15/10/2015
  • Publié par :Mikael Corre
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    15 octobre 2015

« Il est important que l’Église réfléchisse au sens de la vie et à celui de la famille ». Cheveux et barbe blonds, veste bleue ciel, Steffen Zacharias est divorcé.

Cet habitant de Paderborn, une petite ville de Rhénanie-du-Nord, à l'Ouest de l'Allemagne, a le projet de se remarier, avec sa nouvelle compagne, l'année prochaine. « Civilement ou à l'église, ça dépend de ce que décidera le pape François ».

À la fin des travaux du synode sur la famille, les pères synodaux remettront, a priori, un document final au pape François. Lui seul décidera de la suite qu'il donnera à ces travaux. L'accès aux sacrements (communion, réconciliation...) des divorcés remariés est l'un des enjeux principaux. Le pape a en revanche plusieurs fois rappelé que l'indissolubilité du mariage n'était pas remise en cause lors de ce Synode.

Lire notre dossier : divorcés-remariés, l'incompréhension

Travail de redéfinition

Mais ce n'est pas tant la forme de son mariage qui tracasse Steffen Zacharias. « Le plus important,ce n'est pas ce que dit l’Église, mais ce en quoi je crois ». En revanche, en ce qui concerne les enfants et la définition de la famille, ce quadragénaire espère un travail de redéfinition.

« La famille, ce sont les personnes avec qui vous vivez que vous ayez des liens de sang ou non, juge cet ingénieur. Ce peut être vos amis proches, tous ceux qui comptent pour vous (outre son beau-fils et son père, Steffen voyage avec Sascha, un ami proche, et son fils).»

À côté de lui, pendant que l'on discute, le père de Steffen explique aux enfants ce qu'est le Vatican, la basilique Saint-Pierre, et leur donne quelques éléments sur l'histoire de l’Église.

Accompagner les changements culturels

« Regardez mon beau-fils, reprend Steffen Zacharias. Mon sang ne coule pas dans ses veines, mais c'est mon vrai fils. » Il juge que, sur ce point, l’Église est « en retard sur son temps » et n'a pas su « accompagner les changements culturels » en maintenant une définition étroite de la famille.

Il témoigne de discussions « difficiles », à ce sujet, avec des prêtres ou évêques, « en particulier à Paderborn, de là d'où l'on vient, où l’Église catholique est très dure. » « C'est vrai qu'il est temps pour l’Église d'être un peu plus progressive. Les temps ont changé » approuve Sascha Winter, chirurgien aux lunettes ovales, heureux que « le nouveau pape semble plus ouvert. »

Lui est membre de l’Église orthodoxe, qu'il voit comme « plus ouverte en ce qui concerne les relations », mais il recentre sur ce qui, pour lui, reste l'essentiel : « peu importe l’Église à laquelle vous appartenez, si vous croyez en tel ou tel Dieu, ou en une énergie... »

Steffen Zacharias termine sa pensée : « le plus important n'est pas de suivre ce que dit l’Église, de suivre ou non le pape François. »

Le plus important est de donner aux enfants quelque chose en quoi croire.

                      

► Retrouvez d'autres portraits réalisés par nos envoyés spéciaux sur la place Saint-Pierre dans notre dossier.

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Paru le 18 janvier 2018

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