« Jésus Christ est ma seule famille »

agrandir Johnny, 28 ans, vient de Varsovie. Il a préféré être photographié de dos, près du mur d'enceinte du Vatican, à 50 m de la place Saint-Pierre.
Johnny, 28 ans, vient de Varsovie. Il a préféré être photographié de dos, près du mur d'enceinte du Vatican, à 50 m de la place Saint-Pierre. © Mikael Corre
Johnny, 28 ans, vient de Varsovie. Il a préféré être photographié de dos, près du mur d'enceinte du Vatican, à 50 m de la place Saint-Pierre.
Johnny, 28 ans, vient de Varsovie. Il a préféré être photographié de dos, près du mur d'enceinte du Vatican, à 50 m de la place Saint-Pierre. © Mikael Corre

À quelques mètres de la place Saint-Pierre, assis au pied d'un mur d'enceinte du Vatican, Johnny, jeune sans-domicile-fixe, parle de son expérience difficile de la famille.

À propos de l'article

  • Créé le 07/10/2015
  • Publié par :Mikael Corre
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    7 octobre 2015

« La famille c'est bien, mais la mienne est nulle ». Crête iroquoise blonde, les yeux d'un bleu d'opale, Johnny, 28 ans, raconte son expérience difficile de la famille, assis à 50 mètres de la place Saint-Pierre.

«L'image de la famille, celle que j'ai dans mes yeux, elle est belle, confie ce jeune homme originaire de Varsovie. «  C'est dans la famille que l'on apprend à vivre, à grandir ». Mais ça, c'est la théorie.


La mienne ne me l'a pas appris, alors aujourd'hui je vis dans la rue.

Depuis sept ans, il parcourt l'Europe. Varsovie, Paris, Rome et avant la capitale italienne, Barcelone, où il a vécu cinq ans « j'ai plein d'amis là-bas, je reçois même quelques allocations. L'été, je travaille parfois dans un coffee shop ».

« Comme je n'ai pas de maison, je ne peux pas fonder ma propre famille. Je ne pourrai jamais être un mari, un père ». Son ton n'est pas triste, mais déterminé.


Je veux rester seul, pour toujours.

Johnny explique que « c'est mieux comme ça. » « J'ai eu des occasions de fonder une famille, mais je sais que je serais nul comme père. » Il ne parle plus aujourd'hui à aucune de ses deux sœurs, l'une parce qu'elle vit loin, en Australie, l'autre parce que leur relation est « cassée ».  « J'aimerais parler avec elle, un jour... »

Leur mère est décédée il y a sept ans. Quant à leur père, c'est difficile pour Johnny d'en parler. « Mon père... » Il baisse la tête. Son visage est triste, mais jamais dur.

« C'est un homme bien mon père, mais pas pour éduquer un fils. Il n'a pas su comment faire. Il n'a jamais rien fait pour moi. »

Pendant que l'on parle, les débats du Synode poursuivent leur cours. Est-ce que Johnny attend quelque chose de l'Eglise ? « L'Eglise ne doit rien faire pour moi. Jésus Christ est ma seul famille. »

Il avale une gorgée de bière. « Hier j'ai fait un rêve, Dieu me demandait de marcher jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle ». Il y a déjà été trois fois en pèlerinage et se promet d'y retourner, bientôt, lorsqu'il aura soigné sa jambe blessée.

 Je suis un pèlerin.

«  C'est ma vie de marcher seul, vers Compostelle, d'abord dans les montagnes françaises, et après de longer l' Océan Atlantique, là où le soleil est si grand ».

►Retrouvez sur Pèlerin.com notre dossier en direct du Vatican

Pendant toute la durée du Synode sur la famille (du 4 au 25 octobre 2015), Mikael Corre et Gwénola de Coutard, nos deux envoyés spéciaux, vont à la rencontre des familles, des pèlerins, des différentes personnes présentes sur la place Saint-Pierre lors de cet événement.

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Paru le 5 avril 2018

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