« J'espère que l’Église ne changera rien »

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Osuhor Nqozivera, 58 ans, au centre, avec son groupe de pèlerins nigérians, place Saint-Pierre, mercredi 7 octobre 2015 © Mikael Corre
Osuhor Nqozivera, 58 ans, au centre, avec son groupe de pèlerins nigérians, place Saint-Pierre, mercredi 7 octobre 2015
Osuhor Nqozivera, 58 ans, au centre, avec son groupe de pèlerins nigérians, place Saint-Pierre, mercredi 7 octobre 2015 © Mikael Corre

Pour Osuhor Nqozivera, membre d'un ordre de chevalerie catholique au Nigéria, l’Église ne doit pas changer pour les gens, c'est « aux gens de changer pour suivre ce que dit l’Église ».

À propos de l'article

  • Créé le 09/10/2015
  • Publié par :Mikael Corre
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët

« La famille nigériane est très solide ». Pour en témoigner, Osuhor Nqozivera, 58 ans, a insisté pour être photographiée au milieu d’un groupe de pèlerins catholiques venus, comme elle, du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, pour découvrir le Vatican, Fatima et Lourdes.

« Au Nigeria, on prend soin des personnes âgées, nous vivons avec nos mères et nos grand-mères dans nos maisons, la famille, chez nous, est une longue chaîne de relations entre les générations » souligne cette membre de l'ordre catholique des Dames des chevaliers de Saint-Mulumba (1).

Une famille élargie

Selon les prélats africains présents ces jours-ci à Rome, cette belle image de la famille africaine, plus large que la famille nucléaire "à l'occidentale", est trop absente du document de travail préparatoire au Synode, l'Instrumentum laboris .

Pour autant, cette mère de famille au visage rond, cadre dans l'industrie électrique, convient que l'image d’Épinal de la « famille africaine » a tendance à s'effriter.

 « La famille s'est grandement affaiblie aujourd'hui. Regardez : ma mère a eu 11 enfants, j'en ai eu 4, ma fille en a 2. » Quelle est la cause de cet « affaiblissement » ?

 « C'est à cause d'Internet notamment, qui a une très mauvaise influence sur les jeunes, véhiculant une culture occidentale individualiste. »

Être ferme sur les fondamentaux

Face à cela, cette habitante d'Abuja, la capitale nigériane, espère que l’Église catholique restera ferme sur « les fondamentaux » : « j'espère qu'après le Synode, l’Église catholique ne changera rien. Ce n'est pas à l’Église de changer pour les gens, mais aux gens de changer pour suivre ce que dit l’Église » affirme avec fermeté  Osuhor Nqozivera.

 Surtout, « l’Église doit réaffirmer la définition que Dieu a donné du mariage : la femme doit être la compagne d'un homme. »

Au Nigéria, les relations homosexuelles sont durement réprimées. La loi prévoit 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel, et 10 ans d'emprisonnement en cas de relation homosexuelle notoire. Pour le moment, le thème de l'homosexualité est très peu abordé par les pères synodaux.

*L'ordre des chevaliers de Saint Mulumba naquit en 1953 au Nigéria, à l'origine pour lutter contre la Franc-maçonnerie. Aujourd'hui, l'ordre se concentre, selon son site Internet, sur les œuvres sociales, la « promotion de la vie chrétienne parfaite » et l'encouragement du dialogue interreligieux.

                        

Retrouvez nos autres témoignages en direct du Vatican :

Pendant toute la durée du Synode sur la famille (du 4 au 25 octobre 2015), Mikael Corre et Gwénola de Coutard, nos deux envoyés spéciaux, vont à la rencontre des familles, des pèlerins, des différentes personnes présentes sur la place Saint-Pierre.

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Paru le 14 juin 2018

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