Quand Jeanne Moreau se confiait à Pèlerin

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Quand Jeanne Moreau se confiait à Pèlerin
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Sa voix rocailleuse était aussi légendaire que son impertinence. En 2011, Pèlerin publiait une interview de Jeanne Moreau, dans laquelle l'actrice confiait sa vision de la vie, de la mort, et ses raisons d'espérer. Nous la republions alors qu'elle s'est éteinte le 31 juillet à l'âge de 89 ans.

En confidences

À propos de l'article

  • Publié par :Propos recueillis par Élodie Chermann
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    6726 du 27 octobre 2011

Ce qui vous passionne dans votre métier ?

Au départ, on part à la recherche de soi-même. Et puis, avec le temps, naît le désir de découvrir l'autre sans le juger. Ma curiosité est insatiable.

Et ce qui vous pèse le plus ?

Rien. Absolument rien.

Votre principale qualité ?

L'obstination.

Votre principal défaut ?

L'envers de cette qualité : je suis têtue, pour ne pas dire pénible... en restant polie.

Votre péché mignon ?

Des péchés, oui, mais il ne sont pas forcément mignons ! Sinon, je cuisine très bien, même si mes goûts sont un peu capricieux. La semaine dernière, j'avais envie de consommés. Aujourd'hui... de boudin noir !

Un péché mortel ?

Souhaiter la mort de quelqu'un. Car en la souhaitant, on lui donne presque une réalité. Méfions-nous des souhaits.

Une raison d'espérer ?

Un jour où j'étais de très mauvaise humeur, j'ai aperçu un coquelicot qui poussait au milieu de l'asphalte. Il y a toujours une raison d'espérer.

Un remords, un regret ?

Ni remords, ni regret. J'ai aimé, j'ai quitté. La vie est ainsi : pleine d'à-coups. Ce serait triste si l'on venait au monde avec une carte indiquant le chemin à suivre.

Qui voyez-vous au paradis ?

Je n'y crois guère. Pourtant, je suis persuadée qu'après la mort, une transformation se produit. Le corps disparaît, mais l'esprit... J'ignore ce qu'il devient.

Pour vous, l'enfer, c'est quoi ? 

L'enfer c'est peut-être les autres. Ou soi-même ! Nous provoquons souvent nos propres tourments : trahison, mauvaise foi...

La dernière fois que vous avez demandé pardon ?

Je dis pardon, je ne le demande pas trop. Trop facile de faire des erreurs et de demander pardon ensuite. La grâce ne s'obtient pas avec des mots. Il faut agir.

Un vœu, une prière ?

Mourir... "en bonne santé".

Qu'aimeriez-vous dire à Dieu ?

S'il y a un Dieu, c'est à lui de me parler. Devant le divin, on ne se permet pas de dire quoi que ce soit. On s'efface.

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Paru le 12 juillet 2018

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