Gérard Jugnot : "Je m'interroge beaucoup sur la foi"

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© CREDIT J.-F. PAGA/GRASSET
Gérard Jugnot : "Je m'interroge beaucoup sur la foi"
© CREDIT J.-F. PAGA/GRASSET

À 65 ans, alors qu'il est à l'affiche de C'est beau la vie quand on y pense (en salles le 12 avril), l’acteur-réalisateur veut offrir au public bonheur et réconfort. Les films qu’il réalise sont à son image : simples et généreux.

En confidences

À propos de l'article

  • Publié par :Propos recueillis par Laurent Djian
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7010 du jeudi 6 avril 2017.

La dernière fois que vous avez ri ?

J’ai plus tendance à faire rire qu’à rire. Un peu comme les grands chefs qui prennent plus de plaisir aux fourneaux qu’à table.

La dernière fois que vous avez pleuré ?

Quand j’ai enterré ma mère, il y a deux ans.



J’ai plus tendance à faire rire qu’à rire


La dernière fois que vous avez demandé pardon ?

Chez moi, le sentiment de culpabilité démarre vite. J’ai passé la moitié de mon temps à dire d’énormes bêtises, et l’autre moitié à m’excuser d’être allé trop loin.

Une bonne raison de vous lever chaque matin ?

Le fait d’avoir bien dormi. J’ai besoin de sommeil, sinon je me sens patraque et déprimé.

Ce que vous aimeriez changer en vous ?

Physiquement, à peu près tout. Moralement, j’ai le souvenir d’une phrase d’un psaume : « Pourquoi suis-je triste et inquiet ? » Il faudrait que j’évacue ce type de sentiments. Je pense en effet qu’il est poli d’être gai.

 


Si vous deviez exercer un autre métier, ce serait ?

Pyrotechnicien. J’adore les feux d’artifice, cette beauté de l’inutile. J’aimerais savoir les tirer.

Quel est votre talent caché ?

Fut un temps où je bricolais pas mal. À nos débuts, on a quand même construit deux théâtres avec les copains du Splendid. Sinon, je cuisine assez bien le poisson.

Votre devise ?

Je m’accroche au « Carpe diem ».



J’adore les feux d’artifice, cette beauté de l’inutile. J’aimerais savoir les tirer


Votre héros du quotidien ?

Les clowns qui viennent apporter un peu de chaleur et de rire aux enfants malades hospitalisés. Je soutiens d’ailleurs l’association Le rire médecin.

Que reste-t-il en vous de l’enfant que vous étiez ?

Ma capacité à croire à des choses merveilleuses et mon incapacité à croire aux choses les plus horribles.



Je m’interroge beaucoup sur la foi, et je lui demanderais au pape François s’il ne doute jamais de la sienne


Vous avez un rendez-vous de cinq minutes avec le pape François. Quel sujet abordez-vous ?

Mon précédent film, Rose & noir – un bide –, dénonçait les horreurs commises au nom de la religion. Je m’interroge beaucoup sur la foi, et je lui demanderais s’il ne doute jamais de la sienne.

Pour vous, Jésus, c’est…

Un personnage que l’on a magnifié. Un juif, aussi. D’où cette seconde question pour le pape : « Comment des chrétiens peuvent-ils être antisémites alors qu’ils vénèrent un juif ? »

Vous rencontrez Dieu en vrai. Qu’aimeriez-vous qu’il vous dise ?

« Je t’avais bien dit que j’existais. »

« Prier » rime avec…

Parier. C’est, bien sûr, un clin d’œil au pari de Pascal, visant à expliquer pourquoi l’homme a tout intérêt à croire, que Dieu existe ou non. De mon côté, je ne prie pas, je me réfère plutôt à cette sage formule : « Aide-toi, le ciel t’aidera. »

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Paru le 10 août 2017

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