Adèle Haenel : "La plus grande force de l’homme, c’est le pardon"

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© Laurent KOFFEL / GAMMA-RAPHO
Adèle Haenel : "La plus grande force de l’homme, c’est le pardon"
© Laurent KOFFEL / GAMMA-RAPHO

Cette actrice de 27 ans a déjà quatorze ans de carrière. Celle qui prend magnifiquement la lumière séduit, hors caméra, par son franc-parler & sa maturité.

En confidences

À propos de l'article

  • Publié par :Laurent Djian
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6985 du Jeudi 13 octobre 2016

Pèlerin : la dernière fois que vous avez demandé pardon ?
Adèle Haenel : Avec vous, à cause de mes deux secondes de retard à notre entretien. Je m’excuse pour un rien, c’est dans ma nature.

Une bonne raison de vous lever chaque matin ?
Monter sur scène ou aller sur un tournage. Jouer m’apporte des vibrations et me permet de mieux supporter la vie.

Ce qui vous rend meilleure ?
Les livres et les rencontres, quand ils nous permettent de décaler notre regard sur ce monde que l’on croit connaître. Ce changement de perspective accroît mon appétit de découverte.

Ce qui vous met en colère ?
Que des gens, à cause de leur couleur de peau, ne puissent accéder à tel ou tel emploi. Et que notre système économique fonctionne sur le sacrifice d’autres êtres humains.

Ce qui vous fait peur ?
Le sommeil généralisé face au triomphe de l’idéologie néolibérale. Aujourd’hui, on ne vit que pour soi. Ça m’effraie car j’ai l’impression qu’il est impossible d’arrêter le processus.

Quelle faute pardonnez-vous facilement ?
J’ai longtemps pensé que la plus grande force de l’homme, c’était la colère. J’ai récemment compris que c’était le pardon. Mettre sa colère à distance permet de s’en libérer.

Ce que vous aimeriez changer en vous ?
Arrêter de perdre mes clés, être moins désorganisée.

Si vous deviez exercer un autre métier, ce serait ?
Océanographe.

Quel est votre talent caché ?
Je m’entraîne à imiter, physiquement, les animaux : le chat, le chien, le singe, ou, plus dur, le caméléon.

La musique qui vous fait vibrer ?
Les albums d’Alain Bashung. Le rap français aussi. Au début, je pensais que ça ne parlait que de bagnoles et de trucs idiots, mais j’ai découvert des textes puissants, à la fois politiques et poétiques.

Votre devise ?
Une phrase que j’ai lue récemment : « Béni soit tout ce qui vit. Père, mère, frères, sœurs, enfants de la Terre, bénies soient nos vies, car elles sont la joie du monde. »

Votre mot préféré ?
Rôti. Il me donne envie de manger.

Le mot que vous détestez ?
Souiller. Sa sonorité, liée à ce qu’il signifie, me dégoûte.

Que reste-t-il en vous de l’enfant que vous étiez ?
Mon côté enragé, mon côté pirate. Et l’amour de la chasse au trésor. J’en fais de temps en temps, à Paris.

Si vous aviez une baguette magique, quel rêve réaliseriez-vous ?
J’irais voir le passage de Drake (NDLR : à la pointe de l’Amérique du Sud), bras de mer qui relie l’océan Pacifique et l’océan Atlantique.

« Prier » rime avec…
Penser. Et laisser décanter.

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

le pardon ^^

Docjac 15/10/2016 à 17:37

Merci de votre jeunesse, de votre talent, gardez le plus longtemps possible votre foi dans le pardon ... Avec les années c'est parfois plus compliqué.

Paru le 10 août 2017

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