Vote FN : la digue catholique s’écroule

agrandir Les catholiques pratiquants les plus réguliers ont d’abord voulu sanctionner la politique actuelle.
Les catholiques pratiquants les plus réguliers ont d’abord voulu sanctionner la politique actuelle. © Creativa Images / Fotolia.com
Les catholiques pratiquants les plus réguliers ont d’abord voulu sanctionner la politique actuelle.
Les catholiques pratiquants les plus réguliers ont d’abord voulu sanctionner la politique actuelle. © Creativa Images / Fotolia.com

Notre sondage exclusif IFOP/Pèlerin le prouve : les catholiques ont davantage voté FN ce dimanche 6 décembre 2015. En effet, par rapport aux élections départementales de mars, plus du double des catholiques pratiquants réguliers ont voté pour le parti de Marine Le Pen. Analyse.

La pratique du catholicisme n’est plus un rempart face au FN. Les catholiques français, comme toujours très mobilisés, ont voté dans des proportions inédites pour le parti de Marine Le Pen lors du premier tour des élections régionales.

32 % des interrogés se déclarant « catholiques » ont voté pour une liste frontiste, au-dessus de la moyenne des Français (28,4 %). Si les non-pratiquants votent davantage FN (34 %), la pratique régulière n’empêche plus de voter pour ce dernier.

Infographie. Le vote FN parmi les catholiques.

Et c’est assez nouveau. En mars 2015, lors du premier tour des élections départementales, seul 9 % des catholiques assidus à la messe avaient voté pour le parti de Marine Le Pen. Dimanche, ils étaient 24 % soit plus du double.

Cette poussée s’est faite avant tout dans l’électorat traditionnel de droite, composé de catholiques pratiquants et âgés

→ observe Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies de l’IFOP. Certes, la droite (hors FN) reste la préférence de l’électorat catholique pratiquant régulier. Mais le transfert de vote en faveur du FN est éloquent.

En mars, la droite parlementaire récoltait 69 % des suffrages de cet électorat (sondage IFOP/Atlantico mars 2015). Elle n’en a obtenu que ce 56 %, ce dimanche 6 décembre, si l’on additionne le score des Républicains alliés au centre à celui de « Debout la France », la formation de Nicolas Dupont-Aignan.

Cette droite a donc perdu 13 points entre les deux élections ! C’est, à peu de choses près, la proportion gagnée par le FN… Par ailleurs, 9 % des catholiques pratiquants réguliers ont voté pour « Debout la France », soit deux fois et demi la moyenne nationale.

« Ce parti a beau être jugé plus « acceptable » que le parti frontiste, la faveur dont il bénéficie illustre la droitisation très forte du vote catholique pratiquant régulier », analyse Jérôme Fourquet, de l’IFOP.

Au chapitre des intentions de vote, il apparaît que les catholiques pratiquants les plus réguliers ont d’abord voulu sanctionner la politique actuelle.

Le poids du vote sanction

Notre sondage montre, en effet, que les Français, dans leur ensemble, ont voté, en priorité, dimanche pour des raisons locales, comme par exemple le développement économique ou encore la formation professionnelle (48 % contre 39 % « pour sanctionner la politique du gouvernement »).

Chez les catholiques pratiquants réguliers, le vote sanction a été plus marqué : 46 % ont voté pour « sanctionner la politique du président de la République et du Gouvernement » et 45 % pour des enjeux locaux. Par comparaison : seuls 29 % des interrogés se déclarant « sans religion » ont souhaité « sanctionner la politique du gouvernement ».

Comment comprendre ce vote de colère, qui semble monter chez les catholiques les plus pratiquants ?

Est-ce la menace de Daech, après les attentats du 13 novembre ? En réalité, les éléments déterminants du vote des catholiques pratiquants, ce dimanche, sont : l’emploi (71 %), la sécurité (61 %), le pouvoir d’achat (57 %), la lutte contre le terrorisme (57 %) et la question de l’accueil des réfugiés (52 %). Sur la crise migratoire, leur attention est plus forte que la moyenne nationale (44 %).

Mais dans quel sens ? Celui de l’accueil des réfugiés ou de l’inquiétude ? « Les deux se superposent, estime le sociologue Claude Dargent. Cela explique que les catholiques pratiquants réguliers votent à la fois plus qu’avant pour le FN, mais toujours dans des proportions moindres que le reste des Français. »

Document. Retrouvez l'intégralité du sondage IFOP /Pèlerin "Le vote des catholiques au premier tour des élections régionales".

 

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Paru le 22 juin 2017

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