France, quel est ton visage ?

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© Stephen Finn / Fotlolia.com
France, quel est ton visage ?
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A l'issue du premier tour des élections régionales, Anne Ponce, directrice de la rédaction à Pèlerin, dresse le constat suivant : les Français doutent de leurs partis politiques, de leur pays, d’eux-mêmes…

Quel est le vrai visage de la France ? Celui du mois dernier ? Ou celui de cette semaine ? Celui d’un pays solidaire et mobilisé dans un élan d’union nationale pour faire face aux attentats ? Ou celui d’une nation abstentionniste et fortement divisée face aux résultats du premier tour des
élections régionales ?

En fait, on n’y peut rien comprendre si l’on ne replace pas l’actualité dans un temps long. Et ce temps long est celui d’un travail de sape, comme un inexorable mouvement d’érosion.

Depuis trente ans, le chômage de masse mine l’économie, des régions entières et jusque l’intimité des familles. 

En plein cœur de la campagne électorale, les derniers chiffres de l’emploi avaient été publiés
et ils étaient catastrophiques.

L’actualité de ces dernières semaines – crise des migrants et attentats – n’a rien arrangé. Sans compter que la réforme des régions, alambiquée et difficilement lisible, n’avait pas de quoi provoquer, il faut bien le dire, un mouvement d’enthousiasme populaire.

Le résultat est là : les Français doutent de leurs partis politiques, ils doutent de leur pays et, plus grave encore, ils doutent d’eux-mêmes.

Tout se passe comme si une bonne part de la France avait perdu sa capacité à se projeter vers l’avenir ; pour tout dire, ce qui fait aujourd’hui le plus défaut, c’est la confiance.

À ce niveau de crise existentielle, je doute donc fort qu’un parti comme le Front national soit à même de nous tirer de là. Rejeter la faute sur les « autres » – « UMPS », « étrangers », « Europe » ou « euro » – selon une logique de bouc émissaire ne fait pas une politique.

Malheureusement, personne n’a la solution miracle, rapide et sans douleur. Pour redonner un sens à notre démocratie, nous devrons tous nous retrousser les manches.

D’abord les partis politiques, bien sûr, et je parle bien de tous les partis. Je rappelle en effet que si l’on tient compte du taux d’abstention (50 %), cela signifie que le Front national n’a obtenu que 14 % des suffrages du corps électoral, Les Républicains/Modem/UDI 13,5 % et le PAS moins de 12 %. Pas de quoi pavoiser.

Enfin et surtout, rien ne se fera sans nous, les citoyens. Les voies d’avenir s’inventent dans les entreprises, les associations, les territoires ; dans les nouvelles façons de vivre, de débattre et d’être solidaires. La France n’aura pas d’autre visage que celui que nous voudrons lui donner.

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Paru le 19 juillet 2018

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