Alain Duhamel, éditorialiste politique : "Quand tout va mal, c’est pour le bien du FN !"

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Alain Duhamel, journaliste politique. © Capture écran France Inter
Alain Duhamel, journaliste politique.
Alain Duhamel, journaliste politique. © Capture écran France Inter

Que déduire du score du FN à l’issue du premier tour des élections régionales ? Les actes terroristes, la crise migratoire et les chiffres du chômage ont, selon Alain Duhamel, joué un rôle dans le vote des Français.

« Sur le font de l’abstention, nous avons tout de même assisté à un certain sursaut avec une hausse de 4 à 5 points de la participation, selon les régions. Seulement, cette réaction a, en partie, profité au FN, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais/Picardie et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, où la mobilisation des électeurs a été bénéfique au parti lepéniste. Dans ces deux régions, le vote s’est démocratisé et extrémisé en même temps.

La victoire du FN résulte qu’une simple équation : quand tout va mal, c’est pour le bien du FN ! A ce titre, en 2015, les attentats de janvier et surtout de novembre, trois semaines avant le premier tour des régionales, ainsi que l’afflux massif de migrants en Europe ont profondément bouleversé et affolé nombre de français.

Bien sûr, la France est loin d’avoir été le pays le plus touché en Europe par cette crise migratoire. Mais n’oublions jamais que les citoyens ne votent pas en fonction de la réalité, mais de la représentation qu’ils s’en font. Et c’est bien la représentation que les gens se sont des événements qui a attisé leur peur, leur colère, quand ce n’est pas leur haine.

Par ailleurs, la publication des chiffres catastrophiques du chômage il y a deux semaines a aussi eu pour effet de doper le FN. Au fond, seuls des résultats tangibles et rapides obtenus par le pouvoir en place en matière économique, sociale, sécuritaire et migratoire pourraient contrer efficacement la montée du FN. Or, ces résultats, voici quarante ans qu’on les attend !

Au niveau politique la gauche résiste et apparaît donc en situation de « sauver les meubles ». Elle peut gagner l’Ile-de-France et Rhône-Alpes-Auvergne et, au bout du compte, remporter davantage de régions que la droite parlementaire, grande perdante du scrutin : entre 20 et 25% des électeurs des Républicains sont partis vers le FN.

Cela constitue un désaveu cinglant pour la stratégie de Nicolas Sarkozy qui pensait contrer  ce parti en durcissant ce discours. Dimanche 6 décembre au soir, il a une triomphatrice : Marine Le Pen. Et un grand perdant : Nicolas Sarkozy. »

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Paru le 18 janvier 2018

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