Dominique Desjeux, professeur d’université : "La Journée sans achat mobilise peu"

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Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie et culturelle à l’université Paris Descartes © Vincent Bourdon
Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie et culturelle à l’université Paris Descartes.
Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie et culturelle à l’université Paris Descartes © Vincent Bourdon

La Journée sans achat est traditionnellement fixée en Europe le dernier samedi de novembre, soit un mois avant la déferlante de Noël. Quel regard porte Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie et culturelle à l’université Paris Descartes, sur cette manifestation ?

À propos de l'article

  • Créé le 26/11/2013
  • Publié par :Eyoum Nganguè
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6835, du 28 novembre 2013.

Pèlerin. Le 30 novembre 2013, on célèbre la Journée mondiale sans achat. Est-ce efficace ?
Dominique Desjeux. Non. C’est un magazine antipublicité américain qui l’a lancée en 1999. Au départ, il s’agissait de résister à la société de consommation, de lutter contre le gaspillage, la pollution, etc. Mais aujourd’hui, les gens ne s’y intéressent pas vraiment.

 Vidéo. Clip de la Journée sans achat, édition 2008, aux Etats-Unis.


Journée sans achat 2008 par mattlouf

À cause de la crise ?
En partie, car les ménages ont d’autres priorités et essaient de s’adapter en consommant moins, achetant moins cher, organisant des échanges non monétaires, etc. Ils sont néanmoins soumis à des dépenses contraintes : le logement, l’alimentation, l’énergie et le numérique, et se sentent peu concernés par les slogans anticonsuméristes.

Seule une frange ultraminoritaire de militants participe à ce boycott des commerces. En revanche, il y a de plus en plus de gens qui ne pourront rien acheter ce jour-là, simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens. 

Cela fait-il émerger de nouvelles habitudes de consommation ?
Pas tellement. Ainsi, malgré la sympathie dont ils sont l’objet, le bio ne représente que 4 % et le commerce équitable 0,5 % des dépenses des consommateurs. Cela indique que les nouveaux modèles ne font pas forcément recette.

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Paru le 10 mai 2018

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