Choisir ses lectures spirituelles

agrandir Choisir ses lectures spirituelles.
Choisir ses lectures spirituelles. © Parker / Option photo
Choisir ses lectures spirituelles.
Choisir ses lectures spirituelles. © Parker / Option photo

Quand germe l’envie d’approfondir la vie spirituelle, de se « retirer en soi » pour réfléchir, méditer, prendre le temps… Rien de tel qu’un livre !

Choisir d'ouvrir un livre de spiritualité, c'est tout d'abord ressentir une certaine curiosité. C'est pressentir que la foi, la prière, l'esprit se nourrissent et que le cœur peut puiser chez d'autres quelques pistes. Les saints ont souvent laissé des textes, et les écrivains sont nombreux à avoir exploré la dimension spirituelle de l'existence. Loin d'offrir une lecture pieuse, distante, l'expression spirituelle vient bouleverser le lecteur, le toucher intimement, le prendre à partie. Encore faut-il s'y retrouver dans une production foisonnante, avec des styles divers.

« Les personnes ne savent pas ce qu'elles cherchent, mais elles viennent parce qu'elles ont besoin d'être nourries », explique Mathilde Mayeux, libraire à La Procure de Paris. Un besoin qui peut provenir de deux situations bien différentes, qui renvoient toujours à la vie spirituelle.

Il arrive, tout d'abord, que la foi soit vécue simplement, régulièrement, et que naisse le désir d'approfondir la prière, la lecture de la Bible, la connaissance du Christ... Ou alors, c'est au contraire une épreuve qui vient bousculer la vie intérieure. Face à la maladie, à des difficultés relationnelles, au deuil, le livre peut devenir un espace de respiration, de réconfort, de repos.

Philippe, 45 ans, père de famille et cadre dans une entreprise, sent bien quand le rythme quotidien s'emballe. Il puise alors un livre, pas trop épais, et s'offre, une heure durant, une lecture continue :


Récemment, j'ai relu, pour la vingtième fois peut-être, L'homme qui marche, de Christian Bobin... Je le connais presque par cœur, mais les mots m'apaisent, gardent toujours leur saveur, et réveillent en moi le goût de Dieu.

Une lecture amicale, proche, sensible

Le livre de spiritualité n'a pas besoin d'être compliqué. On lit des ouvrages savants pour s'instruire, se cultiver... La lecture spirituelle est amicale, proche, sensible. « Beaucoup de lecteurs ont peur de se perdre dans un livre, explique encore Mathilde Mayeux. Nous essayons de les guider, de les écouter, en leur demandant aussi ce qu'ils lisent habituellement... Certains qui connaissent déjà leur famille spirituelle, iront par exemple vers des écrits monastiques ou des livres plus psychologiques. » Il est essentiel de « sentir » l'écriture qui peut « parler ».

Une forme poétique peut aider un lecteur, alors qu'un autre préférera un développement structuré. Un récit détaillé plaira à certains, alors que d'autres auront besoin d'un ouvrage dans lequel ils pourront picorer une page de temps en temps : poésie, roman, récit, réflexion...

Autant de livres qui nourrissent l'âme et peuvent conduire, parfois, à la Bible, best-seller des lectures spirituelles. Le passage de l'un à l'autre est aussi naturel que la vie : « Rien n'est profane puisque rien n'échappe à Dieu, écrit le poète Jean Grojean. La Bible est sainte, c'est-à-dire qu'elle est la plus grande intensité d'écriture que nous connaissions. »

Ne pas se cantonner aux livres religieux

Et il n'y a pas que les ouvrages strictement classés au rayon religieux qui peuvent conduire à cet élan intérieur. Les images, les symboles, les histoires, les mots, trouvent écho en nous. Le propre de la littérature, de l'art, est bien de « rendre présent l'invisible ».

La lecture spirituelle est avant tout un moment d'accueil, de disponibilité : « On peut distinguer trois temps, constate Jeanne-Marie Baude. Le lecteur passe d'abord par l'étonnement, la surprise, voire le choc d'une découverte. Ensuite, vient un moment d'arrêt, de suspens, de maturation, qui va enfin déclencher un élan du cœur. » Il se passe quelque chose lorsque la lecture devient une rencontre. Les grands mystiques, les auteurs spirituels peuvent devenir des « amis de cœur ».

Les poèmes de Marie Noël, les écrits de Madeleine Delbrêl, les conseils d'Anselm Grün ou Enzo Bianchi, aussi bien que les grands classiques de Jean de la Croix ou Thérèse de Lisieux, accompagnent discrètement des milliers de lecteurs.

La lecture spirituelle est propice à la relecture : l'ouvrage devient un livre de chevet, toujours disponible, qui sera sollicité, repris pour quelques pages... Un livre s'ouvre, se reprend, se découvre sans fin. Parce que, comme le précise Christian Bobin, poète et Prix du livre de spiritualité 2010 :


 Les livres sont des boîtes dans lesquelles, quand on les ouvre, on découvre une âme.

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 19 octobre 2017

Notre Librairie

Voyages et croisières