Des patrons solidaires défient la crise

agrandir Jean-Daniel Muller, coprésident de Siel Bleu, qui propose des activités sportives aux séniors et aux personnes en situation de handicap.
Jean-Daniel Muller, coprésident de Siel Bleu, qui propose des activités sportives aux séniors et aux personnes en situation de handicap. © Aldo Sperber
Jean-Daniel Muller, coprésident de Siel Bleu, qui propose des activités sportives aux séniors et aux personnes en situation de handicap.
Jean-Daniel Muller, coprésident de Siel Bleu, qui propose des activités sportives aux séniors et aux personnes en situation de handicap. © Aldo Sperber

Le Mois de l’économie sociale et solidaire, qui s’est ouvert le 4 novembre 2013, commence bien : le Parlement débat d’un projet de loi visant à stimuler ce secteur, en plein essor malgré la crise.

À propos de l'article

  • Créé le 04/11/2013
  • Publié par :Frédéric Niel
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6832, du 7 novembre 2013

Étonnant : face à la crise, le « tiers secteur » (appelé ainsi pour le distinguer du secteur privé et du secteur public) fait de la résistance.


Cet ensemble d’associations, mutuelles, coopératives et entreprises privées, prônant un plus juste partage des profits, s’en sort mieux que les entreprises classiques.


Qu’on en juge : cette « économie sociale et solidaire » pèse déjà 10 % du produit intérieur brut (PIB, l’indice de richesse nationale) et emploie 2 millions de personnes. Elle a créé 23 % d’emplois supplémentaires en dix ans, contre 7 % pour l’ensemble de l’économie française sur la même période.


Pour encourager encore son développement, Benoît Hamon, ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire, devait présenter, le 6 novembre 2013, au Sénat, un projet de loi très attendu.

 « Jusqu’ici, chacun avait sa loi : celle de 1901 pour les associations, de 1947 pour les coopératives, etc. La loi Hamon offrira enfin une reconnaissance juridique à l’ensemble du secteur », se félicite Emmanuel Verny, délégué général du Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale.


Une nouvelle génération émerge, qui cherche à la fois la réussite et l’épanouissement personnel en se rendant utile.


Ces « groupements » aux statuts différents partagent en effet trois exigences : recherche de profit nulle (pour les associations) ou limitée ; échelle des salaires réduite ; prises de décision collectives.


Ils sont des milliers à avoir créé des associations, des coopératives et des entreprises sociales pour « faire quelque chose de plus de leur vie ».


Si le collectif prime, des personnalités fortes émergent, de la maison de couture de six salariés – deux en insertion – de Sakina M’Sa, à Paris, au groupe SOS, créé par Jean-Marc Borello, qui fédère 10 000 employés dans toute la France.


Selon Jacques Dasnoy, délégué général du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), « une nouvelle génération émerge, qui cherche à la fois la réussite et l’épanouissement personnel en se rendant utile. Les générations précédentes, pétries d’idéologies, rêvaient de transformer la société. Depuis les années 1990, les plus jeunes inventent des solutions pragmatiques ici et maintenant… en créant des sociétés ».

 Vidéo. L’économie sociale et solidaire par le Conseil économique social et environnemental. Durée : 3 heures 19 minutes.

 
22 janvier 2013 : L'économie sociale et... par le_cese

Et ce n’est qu’un début, assure Jean-François Draperi, professeur d’économie au Conservatoire national des arts et métiers. « Ce secteur est en effervescence dans le monde entier. Son dynamisme profite à tous. Quantité de dirigeants de coopérative, formés à la citoyenneté économique, deviennent leaders syndicaux ou hommes politiques. Je ne vois pas de limite à son essor. » De quoi oublier un peu la morosité ambiante !


► Découvrez notre enquête consacrée aux patrons solidaires dans Pèlerin, n° 6832, du 7 novembre 2013.

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Paru le 23 novembre 2017

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