De Cracovie à Lourdes, le chemin de Lyvann, 16 ans

De Cracovie à Lourdes, le chemin de Lyvann, 16 ans

Lyvann, lycéen de 16 ans, a vécu deux expériences fortes coup sur coup durant l'été 2016, aux JMJ de Cracovie puis à Lourdes au contact de personnes malades et handicapées. Il y fait des rencontres qui vont bousculer sa vie de foi.

À propos de l'article

  • Publié par :Propos recueillis par Dominique Lang
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7003 du Jeudi 16 février 2017

Lors des Journées mondiales de la jeunesse de l’été 2016, en Pologne, je fais la connaissance d’un prêtre français. On approche de la fin du pèlerinage et il me demande pourquoi je suis venu ici. En fait, je ne sais pas quoi répondre. Je lui dis : « Par curiosité. » Il me rétorque : « La curiosité, comme le hasard, n’existe pas. Si tu es venu jusqu’ici, c’est parce que tu t’es senti attiré. Tu as compris que tu serais à ta place ici. »

Nous nous mettons à parler de ma vie, des moments forts, des étapes traversées. Je me surprends à évoquer, avec cet inconnu, ma mère, rescapée miraculeusement d’un accident de la route l’an passé. Il prononce alors cette phrase géniale : « N’en veux pas à Dieu d’avoir causé toute cette souffrance. Au contraire, sois reconnaissant envers Lui, pour te l’avoir laissée en vie. » J’entends encore ses paroles résonner dans mon souvenir, tant elles m’ont fait avancer. Après les JMJ, je me rends à Lourdes, pour aider les personnes malades et handicapées. L’expérience est assez éprouvante mais quel enrichissement !


La curiosité, comme le hasard, n’existe pas. Si tu es venu jusqu’ici, c’est parce que tu t’es senti attiré

À Lourdes, cette vieille dame aux yeux humides...

On se découvre et on vit des moments intenses ensemble. Et leur reconnaissance est infinie : le dernier soir, deux personnes malades se lèvent et prennent la parole pour remercier les jeunes, tout en pleurant. Puis je dialogue avec une dame de 93 ans que j’avais tenté d’apprivoiser au fil des jours passés. L’échange est poignant. Nous parlons du pèlerinage, de l’aumônerie, de moi, d’elle, de ses arrière-petits-enfants. Une hospitalière se joint à nous et me prend dans ses bras, très émue.


La vieille dame me remercie beaucoup, les yeux humides alors qu’elle m’avait caché jusque-là ses émotions

Je sors un peu ébranlé de la pièce où dorment les pèlerins malades. On nous avait demandé de ne pas flancher devant eux. Alors, dans un couloir, je m’écroule sur une chaise et je reste là quelques minutes. Le lendemain, je reviens voir la vieille dame et je lui prépare ses biscottes. Je suis d’autant plus heureux de revoir ces pèlerins que c’est le dernier jour de leur pèlerinage. Le départ est à 14 heures. La vieille dame me remercie beaucoup, les yeux humides alors qu’elle m’avait caché jusque-là ses émotions.

Quant à l’hospitalière, elle revient me prendre dans ses bras et me souffle : « Merci ! Vous, les jeunes, vous êtes une lumière pour nous et pour les frères et sœurs malades. Garde toujours cela en toi. » Elle ajoute qu’elle ne m’oubliera pas et me dit : « Chemine bien ! »

Avis aux lecteurs

Chères lectrices, chers lecteurs, cette rubrique vous est ouverte. Vous souhaitez témoigner d’une rencontre qui vous a fait sentir la présence de Dieu, d’un événement qui a modifié votre vision de l’existence ? Racontez-nous brièvement cette expérience spirituelle, nous vous contacterons. Contact : pelerin@bayard-presse.com

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Paru le 7 décembre 2017

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