Brest-Fatima à la voile : une épopée mariale

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© Béatrice Desbordes
Brest-Fatima à la voile : une épopée mariale
© Béatrice Desbordes

En action de grâce pour la rémission d’une tumeur cérébrale, Eric a effectué, du 16 au 30 juillet, un pèlerinage à la voile en équipage de Brest à Fatima. Une belle manière de commémorer le centenaire des apparitions mariales.

À propos de l'article

  • Créé le 30/08/2017
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7031 du 31 août 2017

En décembre 2015, une nouvelle a bouleversé votre vie…

En effet. J’ai découvert subitement, dans le cadre d’un stress professionnel très important, que j’étais porteur d’une tumeur cérébrale cancéreuse… Une « tu meurs » à laquelle j’ai voulu répondre que « je vivrais » ! Un long combat s’est ensuivi.

Comment avez-vous traversé l’épreuve de cette maladie ?

Cette épreuve fut une belle aventure, même si je ne la souhaite à personne. J’ai eu la chance d’avoir d’excellents médecins et d’excellents résultats. J’ai été très bien accompagné par mes parents et mes amis. Je m’en suis sorti sans séquelles, en essayant de soutenir tant bien que mal d’autres compagnons d’infortune également malades. J’avais donc un paquet d’intentions de prières à déposer au pied de Notre-Dame !

Et pour transcender le tout, la réception des sacrements fut une vraie force physique qui m’a armé pour ce combat contre la maladie. Cette vie est une grâce ! Dans la foi et avec l’aide des sacrements, j’ai pu de nouveau faire mienne cette parole de l’Évangile : « Le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie. » Une belle devise pour un pèlerin !

Quand a germé ce projet de pèlerinage-croisière ?

A la fin de la semaine de Pâques 2017. J’étais en croisière familiale avec Thierry, mon ancien formateur lorsque j’étais chef scout marin, et ses sept enfants. Ce skipper du 60 pieds Exultet m’annonce qu’il a 15 jours de disponible durant l’été. Je lui dis alors : « 15 jours, c’est parfait pour gagner les Scilly et l’Irlande : un pèlerinage en l’honneur de saint Patrick ! » Et il me répond : « Tant qu’à faire, je préférerais aller plus au sud, à Fatima, pour le centenaire des apparitions. » C’est ainsi que je me suis mis à recruter une équipe pour naviguer vers Fatima.

Qui furent vos équipiers ?

Nous étions 12 à bord : un dominicain aumônier de marine, un skipper chevronné et 10 amis – avec qui, pour la plupart, j’avais déjà fait des pèlerinages, vers Chartres entre autres. Ils avaient tous mis les pieds sur un bateau. Mais traverser le golfe de Gascogne pour gagner Fatima fut un véritable défi pour chacun de nous. Il fut relevé avec brio dans la joie et la bonne humeur : 15 jours pour faire l’aller-retour, c’était court mais pas impossible.

Quel a été votre parcours ?

Ce pèlerinage comporta d’abord trois jours intenses de désert. Trois jours où nous n’apercevions, à 360°, que l’infini de l’horizon. Cette immensité du golfe de Gascogne nous a ramenés à nos propres limites, à commencer par celle du bateau : dix-huit mètres pour douze personnes. Pendant cette étape exigeante, nous avons été souvent visités : oiseaux du grand large et passereaux migrateurs, dauphins et baleines… Que la Création est belle !

Nous avons ensuite fait escale à Porto : ses petits restaurants, ses bonnes caves, sa belle cathédrale et son cloître d’azulejos sur le thème du Cantique des cantiques. Autant de bons moments avant de rejoindre Fatima où nous avons été très bien accueillis par les religieuses de l’Amour de Dieu. Durant un week-end intense au sanctuaire, nous avons pu déposer au pied de Notre-Dame de Fatima toutes nos intentions, faire la démarche jubilaire, approfondir le message des apparitions et mieux repartir. Au retour, nous comptions nous arrêter à Saint-Jacques-de-Compostelle, mais les alizés portugais nous ont obligés à adopter l’allure du « près » et, en conséquence, à tirer des bords, ce qui nous a pris le double de temps. Nous avons donc décidé de reporter cette belle destination pour un prochain pèlerinage.

Comment ce pèlerinage a-t-il pu devenir une action de grâce ?

Ce fut une action de grâce personnelle pour ma rémission. Ce merveilleux défi fut réalisable grâce à ces amitiés solides, à un padre décoiffant, à un skipper chevronné et à des conditions météos providentielles. Nous avons toujours été « au portant » : vent de Nord-Est à l’aller et Sud-Ouest pour le retour.

Ce voyage vous a-t-il aidé à franchir un cap ?

Nous avons franchi el cabo Fisterra, le cap Finisterre… littéralement, le cap de la fin de la terre. Tout un symbole sur la route de Fatima ! Un autre cap franchi : celui de l’approfondissement du rosaire et du dépassement de soi. Ce voyage fut sportif et exigeant pour chacun de nous et la bonne humeur fut toujours présente. Dans la joie et la prière, nous entreprendrons d’autres aventures !

Comment voyez-vous l’avenir ?

Avec un chapelet quotidien… et la Providence fera le reste ! Par ailleurs, nous comptons nous revoir tous durant un week-end : cap sur les îles anglo-normandes avec Exultet, en attendant de gagner l’Irlande par les Scilly, ou encore Saint-Jacques-de-Compostelle. Peut-être donc l’horizon d’un autre pèlerinage pour l’été 2018 !

 


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Paru le 21 septembre 2017

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