Attentat de Nice : le livre hommage de Hanane Charrihi

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Hanane Charrihi rend hommage à sa mère, victime de l'attentat de Nice, dans un livre bouleversant, où elle crie son amour de la France. © Agence Anne&Arnaud
Attentat de Nice : le livre hommage de Hanane Charrihi
Hanane Charrihi rend hommage à sa mère, victime de l'attentat de Nice, dans un livre bouleversant, où elle crie son amour de la France. © Agence Anne&Arnaud

La première des victimes de l’attentat terroriste au camion bélier, perpétré le 14 juillet dernier à Nice (Alpes-Maritimes), était musulmane, comme un tiers des tués. Sa fille lui rend hommage dans un livre bouleversant, où elle crie aussi son amour de la France.

À propos de l'article

  • Publié par :Frédéric Niel
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7003 du Jeudi 16 février 2017

Le livre de Hana­ne Charrihi est une déclaration d’amour. Ou plutôt deux : à sa mère, assassinée le 14 juillet 2016 à Nice, comme 85 autres personnes, par un terroriste islamiste au volant d’un camion, et à la France, le pays où elle est née il y a vingt-sept ans. Ce n’est pas un hasard si le titre – Ma mère patrie – sonne comme « ma mère partie », admet-elle, avec un sourire où se mêlent tristesse et sérénité. Sa mère, Fatima, était née dans un village de bergers du Sud marocain, qu’elle a quitté pour retrouver son mari, ouvrier, à Nice, en 1984.


Ma mère était mon modèle

Analphabète, elle a poussé ses sept enfants à faire des études. Hanane est aujourd’hui préparatrice en pharmacie et vit en région parisienne, avec son époux et leurs deux enfants. « Ma mère était mon modèle, explique-t-elle. Très croyante, elle nous a inculqué des valeurs fortes, respectables, évidemment compatibles avec celles de la France. » Pour surmonter le choc, Hanane s’est tournée un peu plus encore vers la religion. Pour ne pas être consumée par la haine, elle se souvient de ce que lui répétait sa mère : « Tous les hommes rendront des comptes le jour du Jugement dernier, nul ne pourra se cacher, car le monde est comme une grande salle d’examen. »

"J'ai choisi de porter le voile"

Fatima Charrihi, 55 ans pour toujours, était musulmane. Comme un tiers des personnes tuées le soir du 14 juillet. Cela n’a pas empêché des passants de lancer à Hanane, venue se recueillir sur le lieu du drame : « Tant mieux, ça en fait une de moins ! » Son voile islamique en fait une cible facile pour les intolérants, ou ceux qui y voient un signe de soumission aux hommes.

« J’ai choisi moi-même de porter le voile à 23 ans, au terme d’un cheminement personnel et après un pèlerinage à La Mecque, sans aucune pression. Certaines de mes sœurs le portent, d’autres non. » « C’est normal de s’interroger sur l’islam, puisque les terroristes se revendiquent comme musulmans, admet-elle. Mais ils n’ont rien à voir avec nous, les Français musulmans ! » Aux jeunes tentés par le djihad, elle veut dire : « Ouvrez le Coran et lisez-le vraiment, sans sortir un verset de son contexte. Vous verrez que l’islam est une religion de paix. »


Il ne faut pas répondre à la haine par la haine, mais par l’amour

Avec ses frères et sœurs, Hanane a créé l’association Ma mère patrie pour soutenir les victimes du terrorisme, sensibiliser les écoliers, les détenus – la prison est devenue un lieu de radicalisation –, aider les familles inquiètes des dérives de leurs adolescents… Émue, Hanane cite les paroles du pape François à ses frères et sœurs, reçus, en septembre, à Rome, avec d’autres familles de victimes (elle-même n’a pu y aller pour raison médicale) : « Il ne faut pas répondre à la haine par la haine, mais par l’amour. » C’est dans le même esprit qu’elle conclut son livre en souhaitant « que nos feux d’artifice fassent plus de bruit que leurs fusils ».


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À lire

Ma mère patrie, Éd. de La Martinière, 120 p. ; 12,90€.

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Paru le 19 octobre 2017

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